Payer l'Iran en crypto : un risque majeur de sanctions
Chainalysis alerte : tout paiement crypto à l'Iran peut constituer un 'soutien matériel' au régime, exposant les entreprises à de lourdes sanctions.

Crypto et Iran : une fausse échappatoire aux sanctions
Des entreprises de transport envisageraient de payer d'éventuels frais de transit à l'Iran en cryptomonnaies. Une approche risquée, selon Kaitlin Martin, analyste senior chez Chainalysis.
Un risque juridique bien réel
Selon l'experte, tout paiement adressé au régime iranien — même en crypto — peut être interprété comme un "soutien matériel". Or, les Gardiens de la Révolution islamique sont sanctionnés par plusieurs juridictions, et l'Iran fait l'objet de sanctions globales de la part des États-Unis.
Ces sanctions s'appliquent quel que soit le moyen de paiement utilisé : dollar, euro ou bitcoin.
La blockchain n'offre pas l'anonymat espéré
Contrairement aux idées reçues, la crypto ne garantit pas l'impunité. Martin précise que les transactions blockchain laissent une trace permanente et sont, dans bien des cas, plus faciles à tracer que les méthodes traditionnelles d'évasion aux sanctions.
Les autorités peuvent suivre les flux jusqu'aux points de conversion (exchanges, wallets) où les fonds peuvent être gelés ou saisis.
Un contexte régional sous tension
L'Iran a déjà élargi son usage des actifs numériques, notamment les stablecoins, pour faciliter des échanges commerciaux en pétrole et matières premières. La Russie a adopté une stratégie similaire après les sanctions de 2022, en utilisant des tokens comme l'A7A5.
Parallèlement, la puissance de minage bitcoin de l'Iran a chuté d'environ 7 exahashes par seconde, tombant à près de 2 EH/s ce trimestre.
La transparence de la blockchain se retourne donc contre ceux qui cherchent à contourner les règles internationales.